lundi 21 septembre 2015

Apprentissage de l'anglais I: l'expérience dans la classe 6-12

Lorsque j'ai démarré la classe 6-12, en 2011, je n'avais pas eu le temps de réfléchir à l'apprentissage des langues étrangères. La première année, c'est donc une maman qui s'était chargée d'animer un petit atelier d'italien car c'était sa langue maternelle.



Jeu de loto en italien sur les animaux


Pour un enfant, l'idéal pour apprendre une langue, c'est de se trouver en contact avec une personne qui s'exprime dans sa langue maternelle et dans des situations de communication réelles. Ce point me paraît particulièrement important avec les plus petits. Et c'est pourquoi, dans les ambiances Montessori 3-6 ans, lorsque l'anglais est proposé, il y a généralement une assistante qui s'exprime dans sa langue avec les enfants tout au long de la journée.

Bien qu'il me semblât très important que les enfants puissent s'initier correctement à l'anglais, je ne me sentais pas capable, au début reprendre en charge cet enseignement. C'est donc une autre maman, d'origine anglaise, qui a débuté cet enseignement, à raison d'une séance d'une vingtaine de minutes par semaine.
Mais au fur et à mesure que nous avancions, ma réflexion progressait aussi. Puisque nous n'avions pas d'assistant de langue, il allait falloir trouver un compromis pour que les enfants puissent tout de même progresser en anglais.

Dans un premier temps j'ai commencé par proposer des leçons en 3 temps collectives pour approfondir les notions mises en place lors des séances d'anglais. Par exemple à l'occasion de l'apprentissage d'une chanson évoquant les feuilles d'automnes vertes, jaunes, oranges, brunes, j'ai découpé des feuilles colorées avec le cabinet de géométrie, puis nous avons fait des leçons en 3 temps collectives: "Show me the green leaf, show me the yellow leaf...." Puis quand cette étape était bien maîtrisée: "What's this?" et l'élève qui répondait "it's a green leaf" ou bien "What color is this leaf?"



mardi 1 septembre 2015

C'est la reprise! Réflexions pédagogiques

Et voilà, les vacances sont finies, Clémence a pris le chemin du collège, et nous, Pauline et moi, sommes restées à la maison pour l'Instruction en Famille.

En plein travail de géométrie!


Pendant ces vacances, j'ai lu les interrogations et les réflexions d'autres mamans, et notamment la réflexion très nourrie de Charlotte sur son blog.

Pour moi, le unschooling n'a jamais été quelque chose qui m'attire ou me parle. La lecture de "Libres enfants de Summerhill" ne m'a pas emballée comme modèle pédagogique même si j'adhère à bien des choses qui sont dites.
Certes, l'enfant apprend par lui-même, j'en suis intimement convaincue. Certes, l'apprentissage voulu par l'enfant est incommensurablement meilleur que l'apprentissage subi. Certes, quand un enfant a l'estime de soi et la motivation, il peut, fort heureusement, apprendre très rapidement.

Le jeune enfant apprend à parler et à marcher sans prendre de leçon, c'est vrai. Mais cela ne veut pas dire que l'enfant le fait indépendamment de toute influence extérieure.
Si nous ne parlons pas à un enfant, il ne parlera pas. Si aucun exemple et aucune occasion de se mettre en station debout n'est donnée à l'enfant, marchera-t-il un jour? Les malheureux exemples d'enfants sauvages sont assez instructifs.

Je suis très profondément convaincue de l'importance de l'ambiance autour d'un enfant.
Oui, l'enfant possède en lui-même un programme intérieur qui le pousse à s'éduquer. Mais pour que ce potentiel s'exprime, il est important que l'enfant soit dans un environnement stimulant. C'est "l'ambiance" de Maria Montessori.
Ce que j'aime dans Montessori, c'est ce très bel équilibre qui nous demande à la fois de respecter ce guide intérieur de l'enfant, de ne pas casser cet élan ou éteindre la petite flamme, mais aussi d'être un guide pour l'enfant en lui apportant suffisamment de stimulations pour que cette envie de découvrir et de travailler puisse s'épanouir et toucher à tout.

C'est à nous d'apporter à l'enfant ces graines de savoir dont il peut ensuite se saisir pour faire naître un savoir plus grand. C'est à nous de sans cesse attirer sa curiosité vers des domaines nouveaux. Et entre 6 et 12 ans, si l'enfant n'a pas été trop "dévié" par une éducation qui l'a empêché de développer son potentiel, ce n'est pas trop compliqué: il est assoiffé de connaissances!

Une éducatrice Montessori dit quelque part sur la toile que l'une des erreurs, c'est de proposer des choses trop faciles aux enfants de 6-12 ans. En effet, ils sont à la fois dans l'âge de la plus grande curiosité et du plus grand effort intellectuel (la nature est bien faite!).
C'est pourquoi Maria Montessori propose de semer des graines de savoir tout azimut à cet âge. Et elle propose de ne pas s'en tenir au programme officiel de l'école primaire! Car, ce qui est important, c'est que l'enfant puisse saisir le pourquoi des choses. Et l'enfant veut tout connaître du monde et de l'Univers. Nous avons donc besoin d'aborder avec lui des domaines ordinairement réservés aux plus grands pour répondre à ses questions: la chimie, l'évolution, des éléments poussés d'anatomie, de la physique, de la botanique...
Bien sûr, il ne s'agit pas de gaver un enfant, mais à la fois d'accompagner sa curiosité naturelle et d'allumer de nouvelles zones de curiosité en proposant nous-mêmes de nouveaux sujets d'étude.

Le plaisir de découvrir par soi-même

La difficulté, bien sûr, c'est d'arriver à piquer la curiosité, susciter l'envie, même pour des sujets d'étude a priori moins passionnants; et, ce faisant, finir par voir tous les points du fameux socle commun des compétences.
Le matériel Montessori possède en lui-même un certain attrait mais ne fait pas tout. L'adulte a la lourde tâche d'animer l'ambiance de travail pour faire en sorte que l'enfant puisse se connecter avec son envie naturelle d'apprendre et qu'il puisse se saisir des propositions de l'adulte. Poussé par son désir, il se donne des objectifs et apprend à persévérer et coopérer pour les atteindre, développant goût de l'effort et socialisation.

Ce n'est pas toujours de tout repos. Dans une classe, si les enfants n'ont pas eu la chance de passer par le 3-6 ans, il n'est pas évident de remédier aux habitudes prises et de reconnecter l'envie d'apprendre. C'est alors la force d'émulation du reste du groupe qui va jouer un grand rôle. Ce qui rend difficile la mise en classe de classe 6-12 où très peu d'enfants sont passés par le 3-6.
L'autre difficulté, qui concerne là notre expérience d'IEF, c'est qu'à partir de 6 ans, l'enfant développe son potentiel social et l'utilise pour apprendre. Il apprend en groupe et cela le porte: autant pour intégrer les notions que pour l'aider à rentrer dans le travail.
A la maison, avec un seul enfant, cet aspect manque et il faut compenser. C'est sans doute ce qui sera le plus difficile pour Pauline. Car même si nous allons garder contact avec ses amies et rencontrer d'autres enfants, cela ne représentera qu'une petite partie de son temps. A moi d'observer et de trouver comment je peux atténuer le manque de pairs.

En IEF comme à l'école, pour moi, c'est donc toujours le choix de la pédagogie Montessori qui s'impose. Un choix qui n'est pas rigide: nous empruntons des éléments intéressants d'apprentissages là où nous les trouvons et Pauline m'a demandé d'avoir quelques supports de pédagogie traditionnelle pour être "comme ses copines".


Nous utiliserons dons à la fois le matériel que j'utilisais à l'école, agrémenté de tout ce que nous trouverons lors de nos recherches ainsi que quelques manuels et cahiers d'exercices choisis par Pauline avec mes conseils.

Regarder un "C'est pas sorcier" pour répondre à une question qu'on se pose.



Elle a déjà commencé à les utiliser un peu pendant les vacances. Pour l'instant, elle les prend un peu comme un jeu. Ce qui est sûr, c'est que nous n'en serons pas prisonniers. Nous les utiliserons comme bon nous semble et toujours après que les notions aient été débroussaillées par la pédagogie Montessori.

Revoir les additions de fractions avec le matériel


Je vous en parlerai au fur et à mesure de mes billets.

Quant à l'avantage de l'IEF, c'est que Pauline pourra choisir encore plus librement qu'à l'école ses sujets d'étude personnels dans les domaines culturels. Nous partirons principalement de ses envies pour programmer les séances d'après-midi plus spécialement dédiées à la culture.

En somme, je me reconnais assez dans ce que dit Charlotte au terme de sa réflexion estivale et de son invention d'un nouveau terme: le usschooling.

A très bientôt pour des billets moins théoriques et très belle année d'IEF ou d'école à tous!

jeudi 16 juillet 2015

ECOLE EN SOMMEIL, BLOG QUI SE REVEILLE?

Comme je l'ai annoncé sur le blog de l'Ecole Montessori d'Angers, il n'y aura pas de rentrée 2015 à l'école. Chaque famille, informée en mars de la possible fermeture de l'école a pu prendre le temps de faire des choix pour ses enfants.

Pour notre famille, le choix fut assez facile à faire. Clémence, avant même que nous parlions d'une possible fermeture, m'avait demandé à passer en 6ème, avec une année d'avance. Etant donné que l'an dernier, déjà, elle travaillait avec des enfants qui sont passés en 6ème cette année, il n'y avait pas de problème quant à son niveau. J'avais envisagé de la garder dans ma classe pour faire son année de 6ème, comme le prévoit le cursus 6-12 ans complet. Mais Clémence se retrouvait seule de son niveau et cela lui pesait. L'inscription en 6ème était donc déjà prévue en décembre.

Pour Pauline, l'option de l'Instruction en Famille a été comme une évidence pour moi. Comment ne pas continuer avec elle la pédagogie Montessori qui lui convient si bien? Evidemment, à l'école, il y a les pairs, les copines, tellement importantes à cet âge. Mais nous avons déjà prévu de rester en lien étroit avec ses 3 grandes amies de l'école et de construire un nouveau réseau avec d'autres familles IEF.

Lors du déménagement, j'ai donc rapatrié à la maison tout mon matériel de 6-12 qui a quelque peu envahi la chambre de Pauline. Nous avons donc réalisé quelques compromis avec le rangement Montessorien pour que tout tienne dans sa petite chambre et sur le palier car nous n'aurons pas de salle dédiée au travail. Pauline travaillera dans le salon et ira chercher le matériel dont elle a besoin dans sa chambre.



3 nouvelles étagères pour le calcul et langage


Un peu de culture dans ses étagères


et une étagère sur le palier, surtout de culture.



Pour la culture, j'ai prévu d'organiser des séances thématiques, notamment de sciences, avec ses anciennes copines assez régulièrement. J'envisage ensuite de proposer ces séances sous forme d'ateliers dans les locaux de l'association VMA.

Evidemment, cette année d'IEF sera plus légère pour moi que la gestion de l'école et de la classe. j'espère donc bien pouvoir être plus présente sur ce blog. Mais en attendant, après le gros travail du déménagement, ce sont les vacances, bien méritées, qui nous attendent!
A très bientôt je l'espère.

samedi 16 novembre 2013

NOTRE ÉCOLE ORGANISE UNE COLLECTE SUR ULULE

Cliquez pour accéder à la page Ulule


Pour acheter enfin du matériel de qualité pour le sport, notre école a décidé de lancer une collecte sur la plateforme de financement participatif Ulule. Nous espérons faire une belle surprise aux enfants lors de la fête de Noël en leur dévoilant ce que nous aurons réussi à acheter (parcours de motricité, panneau de basket, cages de foot...)

Si vous voulez nous soutenir, n'hésitez pas à visiter notre page et à déposer un don, même modeste. Chaque contribution est importante car nous n'obtiendrons notre financement que si nous parvenons à obtenir au moins 100% de notre objectif de 700€

Vous pouvez également nous soutenir en parlant de notre projet autour de vous et en diffusant son adresse. Chaque petit geste nous aide à relever ce défi. Alors, d'avance, merci pour l'aide que vous pourrez apporter.

mercredi 6 novembre 2013

6-12, l'âge des pairs


Maria Montessori écrit qu'à partir de 6 ans, l'enfant entre dans un nouveau plan de développement. Autant, l'enfant de 3-6 était très tourné sur lui-même, tout simplement pour mieux se construire, autant l'enfant de 6-12 entre dans l'âge des pairs. Il joue "en meute", mais il apprend "en meute" aussi.

En 3-6, la règle, c'est la présentation individuelle, en 6-12, c'est la présentation collective. Pourquoi? Parce que les enfants apprennent mieux ensemble, en découvrant ensemble, en coopérant. La synergie de leur travail le rend beaucoup plus efficace.

J'aime beaucoup observer les petits groupes qui se forment, ou qu'il m'arrive de suggérer, et voir comment l'interaction entre les enfants rend le travail plus fluide et plus efficace.




mardi 5 novembre 2013

Jeux coopératifs




En ce début d’année, avec les 6-12 ans, je suis particulièrement attentive à créer une véritable ambiance de classe basée sur la communauté. C’est mon projet central de cette année: faire en sorte que les enfants travaillent encore plus en coopération, apprennent à se respecter et à communiquer dans la paix. C’est ce qu’on appelle l’éducation à la Paix.
Les études faites auprès des enfants montessoriens montrent que ce sont des enfants qui ont davantage développé la coopération, qui savent travailler en équipe et que cela leur donne une grande créativité.
Pour que cela arrive, il est indispensable de créer le bon climat entre les enfants, surtout quand la plupart arrivent d’un système basé sur la comparaison et la compétition et qu’ils ont été habitués à penser en ces termes.
Parmi les nombreux outils disponibles pour amener le climat de paix, il existe des jeux destinés à se connaître, s’écouter, se comprendre, se respecter. Nous avons commencé à en pratiquer un certain nombre avec les enfants et cela leur plaît. Ces jeux développent la complicité, l’esprit d’équipe dans un climat toujours bienveillant. Un certain nombre d’entre eux demandent une bonne dose d’attention visuelle ou auditive, d’autres sont plus sportifs mais toujours dans l’attention à l’autre.
J’avais malheureusement oublié mon appareil lors de la première séance où nous avons – entre autres- tissé entre nous une magnifique toile d’araignée de laine. Mais voici des images d’autres séances.

dimanche 30 juin 2013

Sur le vif



Ce jour de juin, un énorme frelon est entré dans la classe et se cognait aux poutres sans vouloir daigner sortir, ce qui causa, vous vous en doutez, une énorme frayeur chez les enfants. On les comprend.
Ne voulant pas risquer de le rendre agressif en essayant de l'écraser sans succès, je me suis emparée de la meilleure arme en ma possession: une bombe de colle. En quelques pulvérisations, l'animal fut englué et je pus l'achever. 
Je le posais à l'extérieur, sur la terrasse. Ce fut R., quelques temps, après qui remarqua que le corps avait attiré des fourmis et me demanda de pouvoir observer et dessiner