jeudi 15 décembre 2016

Mycologie II: activités plus avancées

Dans le précédent billet, nous avons vu comment je vous proposais d'aborder l'étude des champignons avec les enfants. Les activités proposées dans ce premier billet se présentent sans problème dès le 6-9 ans.
Je vous propose ici une activité et une réflexion un peu plus avancées, basées sur ce que nous avons fait récemment avec Pauline, qui s'adresseront sans doute plus à des 9-12 ans, mais je les imagine possible avec des enfants de 8 ans qui aiment la biologie et ont déjà des notions de classification.

Pour rappel, Pauline avait eu l'occasion de voir tout ce que j'ai expliqué dans le premier billet lors de ses 2 dernières années passées à l'école.
Comme elle aime particulièrement les champignons, l'année dernière, en IEF, nous avions fait plusieurs sorties (J'avais d'ailleurs publié un billet sur l'une de nos sorties, mémorables pour la variétés d'amanites que nous avions trouvées...) et ça avait été l'occasion de rappeler le vocabulaire.
Puis, fin juin, nous avions visité le musée des champignons de Saumur et ce mois-ci, à Lyon, elle a eu l'occasion de re-travailler sur leur physiologie et leur croissance lors d'un atelier à la maison de l'environnement!

rappel de la physiologie à la maison de l'environnement


Un dimanche de novembre, le temps était peu engageant chez nous, mais nous avions envie de bouger et de sortir dans la nature. Nous ne sommes pas allés bien loin (au parc de Parilly) mais nous avons rassasié nos envies de marche et de cueillette de champignons.

Que pouvions-nous bien faire de  nouveau avec ces champignons?
Comme il n'était pas question de recommencer un énième fois la physiologie du champignon, j'ai proposé à Pauline un petit travail de naturaliste.
J'ai commencé par déposer tous les champignons sur la table.


dimanche 20 novembre 2016

Aborder la mycologie avec les enfants I

Avec les premières pluies d'automne, les champignons commencent à pousser jusqu'aux premières gelées. Comestibles ou non, ils intéressent généralement les enfants.
Autrefois classés parmi les végétaux, ces êtres vivants forment en fait un règne distinct, ni métal, ni animal (au sens "métazoaire" )

Je me propose, dans ce billet, de vous donner des ressources et des idées pour aborder la mycologie avec les enfants. Toutes les idées abordées ici ont été mises en pratique au sein de l'école ou avec Pauline en IEF tout récemment.




Pour commencer cette étude à la manière Montessori, un petit récit de l'histoire du règne des "Fungi" (c'est le nom du règne des champignons) me semble approprié.
Celui que j'avais présenté en 2014 aux enfants est tiré d'un ouvrage d'une éducatrice Montessori américaine, Priscilla Spears. Son livre "Kingdoms of Life Connected" (que l'on peut se procurer sur son site big picture) présente chaque règne avec des récits de type Montessori plus ou moins complexe selon l'âge des enfants.

Je m'en suis donc inspirée pour faire un récit aux enfants.

samedi 12 novembre 2016

Un appel à solidarité pour Coralie et sa famille.

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, je voulais vous parler d'une amie blogueuse qui a besoin de l'aide de la communauté.
Cette amie, vous connaissez peut-être son très joli blog: l'école des amours et si c'est le cas, vous savez que depuis un an déjà, toute la famille se bat contre la leucémie de leur petite dernière, Coralie.
Aux médications quotidiennes s'ajoutent des trajets hebdomadaires à Québec pour recevoir des traitements supplémentaires indispensables, un traitement qui doit durer encore un an avant que Coralie soit déclarée guérie!

Coralie l'année dernière après ses premières chimios


En plus de la charge psychologique intense, tout ceci a malheureusement un coût très élevé pour cette famille IEF dans laquelle seul le papa travaille. Pour les aider, Euryale du blog Family and co et Elsa de Coquelipop ont mis en place une cagnotte sur le site Le pot commun pour les aider. Peut-être y avez-vous déjà contribué.

Aujourd'hui la famille doit faire face à de nouveaux soucis: pour des raisons professionnelles, elle va devoir quitter la région qu'elle aime tant et s'installer plus près du lieu de travail du papa. C'est donc un déménagement longue distance qui est en vue, encore de gros frais qui viennent s'ajouter à tout le reste!
La maman de Coralie est une femme courageuse et discrète. Je sais que cela lui pèse de devoir demander de l'aide, mais elle en a encore besoin. Alors, si vous sentez un tant soit peu concernés par l'histoire de cette famille, vous pouvez les aidez en versant vous aussi un peu d'agent sur le pot commun. Pas besoin de faire beaucoup! Même une petite somme viendra s'ajouter à toutes les autres et ce sera déjà un soulagement pour eux.
Dans notre monde plein de menaces pour l'avenir de planète, pour la paix et la stabilité, il y a tout de même de belles initiatives qui font chaud au coeur. La solidarité des communautés virtuelles par delà les frontières en est une.
Si vous le pouvez, n'hésitez pas à passer sur le site du pot commun et à laisser votre contribution. D'avance, merci du fond du coeur pour eux.


vendredi 11 novembre 2016

La notion d'échelle: étude pratique

Voici un billet que je publie avec énormément de retard puisque les faits racontés remontent au mois de novembre dernier, il y a presque un an!

Depuis longtemps, Clémence et Pauline aimaient dessiner des plans de chambre. Elles m'avaient vues dessiner les plans de l'école et les meubles à l'échelle à l'ouverture, puis à plusieurs reprises, lors de vacances scolaires où je souhaitais améliorer l'aménagement de la classe des 6-12 suite à l'augmentation régulière de son effectif.
Mais à chaque fois, elles dessinaient le plan de leur chambre au jugé, les meubles également et venaient me voir avec des propositions dessinées qui ne correspondaient pas à la réalité, les meubles n'étant à l'échelle ni les uns par rapport aux autres, ni par rapport à la chambre!

L'année dernière, Pauline souhaitait que nous améliorions sa chambre. Elle se trouvait étouffée par les 3 étagères de matériel et il faut bien avouer qu'elle n'avait pas tort! De plus, je m'étais aperçue que nous n'avions plus besoin d'un grand nombre de matériel.
J'ai donc proposé à Pauline de réaménager sa chambre à son goût, en lui proposant de retirer 2 étagères de matériel. Elle a immédiatement commencé à dessiner des plans, à son habitude. Je lui a alors proposé de lui montrer comment faire un véritable plan et je lui ai dit que nous allions le faire sur le temps des apprentissages car c'était un vrai travail.
Pauline a été d'autant plus ravie que c'était une période où il était difficile de la motiver sur le travail scolaire.

Première étape, commencer par dessiner un plan sommaire, à main levée, de la chambre, en faisant apparaître les murs, les décrochés, la porte, la fenêtre...


mardi 1 novembre 2016

Conjugaison IV: les temps simples de l'indicatif

Dans mon dernier billet de conjugaison, nous avons vu comment utiliser les fiches à encoches pour le présent de l'indicatif. Pour commencer ce billet, voyons maintenant les 3 autres temps simples avec ce matériel.

Futur, imparfait et passé simple avec les fiches à encoches


Pour les 3 temps, globalement, la manipulation s'effectuera de la même manière que pour le présent: L'enfant sélectionne un verbe, la fiche à encoches du temps et du groupe correspondant, puis enfile la flèche. Rien de nouveau, donc.
Je me bornerai donc à donner ici quelques précisions supplémentaires pour la conjugaison de chaque temps. Vous pourrez constater que lorsque l'enfant a terminé le présent, il a fait le plus gros du travail de la conjugaison, car les autres temps sont bien plus simples...

Le futur

Si on regarde bien, on s'aperçoit que les terminaisons en tant que telles sont les mêmes à tous les groupes: -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont. Ces terminaisons sont précédées d'un suffixe, variable en fonction des groupes, mais qui contient toujours un -r.
Ainsi, au 1er groupe, ces terminaisons sont précédées de -er et au 2ème groupe, de -ir. C'est pourquoi, on apprend parfois aux enfants que le futur se forme à partir de l'infinitif auquel on ajoute les terminaisons. Cela a l'avantage de nous aider à penser à mettre le -e que l'on n'entend pas dans des formes comme "je jouerai", "il pliera"...



jeudi 27 octobre 2016

Nouveau look

Petit article un peu futile...
Pour fêter le cap des 200 000 pages vues, j'ai eu envie de changer un peu l'aspect du blog. Qu'en pensez-vous? La lecture reste-t-elle agréable? N'hésitez pas à me dire s'il y a des points à améliorer pour votre confort.
La suite de la conjugaison arrive bientôt, et pour fêter dignement ce palier des 200 000 vues, je suis en train de vous préparer une surprise...

mardi 25 octobre 2016

Conjugaison III: Le présent avec les fiches à encoches

Dans le dernier article de conjugaison, l'enfant a découvert la notion de verbe, sa variabilité et les groupes.

Lors de la présentation des verbes rouges, nous avons montré à l'enfant la succession des pronoms personnels et déjà donné l'utilisation de ces pronoms. Si l'enfant n'a pas travaillé les verbes rouges, il faudra présenter les pronoms de conjugaison, leur ordre et leur signification. On peut reprendre la présentation des verbes rouges. En 6-12, nous aurons également une 2ème présentation des pronoms mis en relation avec la notion de "personne de conjugaison" et des exercices. Mais cette présentation pourra attendre.

Il est temps maintenant d'entrer dans la conjugaison en tant que telle.

Passé/Présent/Futur

Pour cela, nous devons auparavant vérifier que l'enfant "sent" un minimum la notion de temps dans une phrase. Il est évident que l'étude des temps en eux-mêmes va développer et affiner cette capacité. Mais avant même d'aborder l'étude raisonnée de la conjugaison, l'enfant, en absorbant sa langue maternelle, a également absorbé les notions basiques de temps: le présent, le passé, le futur.
Pour certains enfants très à l'aise avec la langue, il suffit d'écouter une phrase pour savoir immédiatement la situer dans le temps. Pour d'autres, il faudra réfléchir un peu... voire beaucoup.

C'est pourquoi, en parallèle du démarrage de l'étude du présent, je proposais aux enfants un exercice de tri de phrases selon que l'action se passe dans le présent, le futur ou le passé. Des étiquettes colorées indiquaient passé, présent et futur. Lors de la présentation, je plaçais les étiquettes avec les enfants en rappelant le code: ce qui s'est passé avant est à gauche du présent, ce qui se passera ensuite est à droite.
Ensuite, des étiquettes de la même couleur proposent une définition des 3 notions. Après lecture, nous les placions sous les 3 premières.
Enfin viennent 5 séries de 3 phrases à classer selon le temps. Dans chaque série, on trouve le même verbe employé au présent, au futur et à un temps du passé. J'avais pris soin de varier les temps du passé: imparfait, passé simple et passé composé, afin que l'enfant commence à enregistrer la diversité des temps dans le passé. Pour aider l'enfant, le verbe de chaque phrase est en gras


vendredi 14 octobre 2016

Notation exponentielle

L'une de mes fidèles lectrices de ce blog m'a contactée pour me demander comment présenter la notation exponentielle (le carré, le cube et les autres exposants) pour que l'enfant ne fasse pas la confusion avec une multiplication par 2, 3 4...

L'introduction de la notation exponentielle est une étape plutôt simple car elle couronne une série d'activités commencées dès la période 3-6 ans.
Dès que l'enfant a suffisamment avancé dans sa connaissance des nombres jusqu'à 100, nous commençons à lui présenter les petites chaînes, puis les grandes chaînes quand il compte entre 100 et 1 000.

Le premier travail est tout simple, j'en ai déjà parlé sur ce blog et sur le blog 3-6: étiqueter les chaînes. Dans un premier temps, on ne met que les flèches des nombres. L'exercice renforce la numération et prépare la multiplication par le fait que l'on compte "en sautant".


Quand l'enfant a vu le principe de la multiplication. Nous voyons avec lui l'une des 2 étiquettes restées dans la boîte, celle qui montre la dernière flèche comme une multiplication. Ainsi, sur la chaîne de 4, sous la flèche 16, l'enfant place 4X4. Dans la chaîne de 5, la flèche 5X5 se place sous le 25 etc...
Evidemment, avant de placer cette flèche, on aura vu avec l'enfant, que la première flèche (4) correspond à 1X4, la seconde, 2X4 et la troisième 3X4.
Tout cela va faire sens et renforcer le travail fait avec les tables perforées et avec la table de Pythagore en perles.


Avant de passer à la suite, il faut rappeler que lors de la toute première présentation des petites chaînes, nous l'avons fait observer et décrire par l'enfant:

mardi 4 octobre 2016

Un après-midi avec Degas

Hier après-midi, après notre merveilleuse matinée, nous avons passé tout l'après-midi dans l'art, et dans les pastels de Degas. C'était une demande de Pauline de faire une séance d'arts plastiques et de faire quelque chose autour de la danse. Degas me semblait donc tout trouvé!

Pour préparer ma petite séance, j'avais commencé par faire une razzia dans les livres d'art que nous possédons et découvert que nous avions de nombreuses reproductions de tableaux de Degas.
Pour démarrer nous avons pris le temps d'observer une belle reproduction grand format que je tiens de ce formidable outil que j'avais acheté pour l'école:
Un beau fichier des éditions Accès
 En plus de proposer un répertoire de 64 œuvres sur un très beau tirage solide et un parcours de questionnement sur l'œuvre et sa mise en réseau au dos (le tout étant également repris sur un CD-Rom fourni), ce répertoire fonctionne avec un livre de mise en pratiques. On y trouve donc d'intéressantes idées de séances d'art plastiques à mettre en lien avec les œuvres étudiées en histoire de l'art.

En prolongement de l'étude du tableau de Degas, le livre propose une séance autour de la technique du pastel.

Mais nous avons commencé par observer notre tableau et sa composition. Puis, j'ai proposé à Pauline de lire la page consacrée à Degas dans le livre "Artiste Célèbres" de chez Usborne.



Nous avons ensuite passé du temps à observer les nombreuses reproductions trouvées dans nos livres.


lundi 3 octobre 2016

Une belle matinée

L'IEF n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Certains matins, Pauline a beaucoup de mal à sortir du lit, elle est de mauvais humeur. Ou bien un exercice proposé passe difficilement, elle râle, passe un temps infini à aller au bout...
Bref, même avec beaucoup de liberté, de choix, d'écoute, tout n'est pas toujours rose et il nous faut faire preuve de patience et d'écoute pour arriver à sortir de la situation. Contrairement à l'école où la présence des autres pouvait constituer une distraction ou une motivation et même créer un véritable élan vers le travail, le fait d'être seule rend plus difficile la mise au travail.

Mais il y a de ces matins où tout s'enclenche bien dès le lever et roule sans heurt jusqu'à la fin de la matinée. Quel bonheur, alors! Sachons profiter de ces beaux moments et les savourer. Aujourd'hui, alors que tant d'autres billets attendent, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cette belle matinée.

Le lundi, la reprise est douce pour nous: Clémence ne commence au collège qu'à 9h et le papa, depuis que nous sommes à Lyon, prend son train pour Paris en milieu de matinée seulement. Donc, pas besoin de se lever aux aurores!

6h55: je me lève (la première) pour me doucher. Au fond du couloir, une petite lumière s'allume. C'est Pauline, elle s'est réveillée, elle est souriante et me souhaite le bonjour.
7H15: Je se sors de la salle de bain pour réveiller Clémence. Pauline est habillée. Elle est à son bureau et commence à travailler: elle veut pouvoir finir tôt.
7h30: Vaisselle rangée, petit déjeuner installé, je sors chercher le pain. Pauline m'accompagne. Dans la rue, il fait encore sombre et l'air est frais, mais c'est agréable. Nous discutons sur le chemin.
7h40: Toute la famille est réunie pour le petit-déjeuner. Un bon moment.
8h: Petit déjeuner terminé. Je passe un peu de temps avec Clémence. Pauline se remet spontanément au travail.
8h35: départ de Clémence au collège. Je m'occupe de ranger du linge et de repasser. Pauline vient s'installer dans la pièce où je me trouve. Elle me demande de mettre la musique du ballet Giselle pendant qu'elle travaille. Très agréable moment. Pauline, très motivée, travaille vite et bien et moi, j'avance dans les travaux ménagers. Je m'interromps de temps à autre pour répondre à l'une de ses questions. Nous avons prévu que nous sortirons lorsque le papa partira pour la gare pour faire notre promenade.
9h45: Pauline entame son dernier travail de français de la matinée pendant que je prépare le panier-repas du papa.
10h15: Nous sortons accompagner le papa jusqu'au métro. Puis nous nous dirigeons jusqu'à la Maison Rhodanienne de l'Environnement où nous avons des livres à rendre. Nous y passons un bon moment. Nous y sommes seules avec la bibliothécaire.
Une chouette exposition sur les abeilles sauvages organisée par le programme européen Urbanbees nous occupe un moment. Puis Pauline fait un choix de livres éclectiqus: livres sur le renard, les félins mais aussi un excellent livres de la collection "Dame Nature" de chez Gulf stream: "Les petites bêtes qui crachent, sui collent, qui croquent à la mer"


vendredi 30 septembre 2016

Un nouveau rythme

Cette année, nous nous levons plus tôt. Clémence commence les cours à 7h55 trois jours par semaine alors que l'année dernière, elle commençait à 8h25 seulement. En début de semaine, petit répit, elle commence à 8h55.
Nous devons donc nous lever suffisamment tôt pour prendre tous ensemble le petit déjeuner avant qu'elle parte, à 7h35 ou 8h35. Et comme je n'ai pas besoin de l'accompagner cette année, nous avons finalement, Pauline et moi, plus de temps le matin.
Bizarrement, nous ne nous levons pas beaucoup plus tôt (mais nous sommes mieux organisées!) et ce nouvel horaire n'entraîne pas de fatigue par rapport à celui de l'année dernière.

Et que faisons-nous du temps gagné? Eh bien, nous sortons marcher!
Chaque matin ou presque nous nous offrons entre 20 et 50 mn de marche dans les rues de Lyon, souvent le long du Rhône ou de la Saône, puisque nous avons la chance d'habiter la Presqu'île.

Cela fait longtemps que j'avais envie de cela. Je rêvais même de pouvoir le proposer à l'école.
L'une de mes amies m'avait raconté qu'à l'école Montessori de Pringy, les enfants qui le souhaitent peuvent rejoindre des éducateurs à une trentaine de minutes de marche de l'école, chaque matin et commencer leur journée par une marche dans la nature, quel que soit le temps. Cette amie pratiquait elle-même ce temps de marche avec ses enfants en IEF avant de démarrer le travail. Elle me disait combien cela apaise et apporte de l'énergie à la fois.

Il est vrai que la marche est excellente, non seulement pour le corps, mais aussi pour l'esprit. Elle a des vertus proches de la méditation.
L'an dernier, quand nous étions en Maine et Loire, nous sommes parfois sorties nous balader le matin, plus souvent en début d'après-midi. Bizarrement, alors que nous pouvions très vite nous retrouver en pleine nature, nous en avons assez peu profité. Mais il est vrai que je devais véhiculer Clémence qui commençait parfois très tard, et, une fois rentrée, je voyais l'heure déjà avancée et j'avais la sensation que si nous sortions, nous aurions trop peu de temps pour le travail.


Cette année, notre environnement est incontestablement hyper urbain. Ce n'est pas le contact de pleine nature dont j'aurais rêvé, mais il faut faire avec. Et finalement, notre ballade quotidienne nous permet de nous rendre compte combien la nature s'invite au cœur de nos villes, sans doute plus depuis ces dernières années où l'homme ne cherche plus à éradiquer la moindre tentative de la nature de reprendre ses droits.

Ainsi, début septembre, nous pouvions observer quantité d'abeilles sauvages qui colonisent notre quartier (et viennent butiner les chouquettes aux étals des pâtissiers!), ça et là, les arbres et leur feuillage attirent notre attention, les oiseaux des villes...

Ces derniers temps, nous avons un faible pour la Saône, moins large que le Rhône, plus lente et dont les quais sont plus bordés de verdure près de chez nous.
Un matin, en descendant sur le quai, nous avons vu une magnifique grue cendrée, là, à 10m de nous, sur le bord de l'eau. Nous l'avons observée longuement avant qu'elle prenne majestueusement son envol au ras de l'eau.



Puis, nous approchant de l'eau, nous avons observé un banc de poissons remontant le courant. Puis un solitaire venant brouter une algue sur le bord, juste sous nous yeux...


Le poisson est à droite de l'algue...

D'autres matins, nous avons la chance de voir remonter une péniche. Hier, c'était un énorme porte-container remontant le courant et laissant derrière lui des vagues encore présentes 10 minutes après son passage.



Quand ce n'est pas la nature qui nous interpelle, c'est un élément d'architecture, une inscription sur un bâtiment, une statue, un reflet sur l'eau...

dompteuse de lion/Lyon

Une sympathique œuvre de street-art découverte sur le quai qui nous rappelle notre récent visionnage d'Alice au pays des Merveilles...


Les célèbres reflets des quais de Saône

Bref, même en pleine ville, notre marche quotidienne est toujours source d'émerveillement. Et quand nous rentrons, nous démarrons en douceur le travail par notre lecture mains occupées. Un rythme que nous apprécions.

vendredi 23 septembre 2016

La conjugaison II : introduction et notion de groupes

Dans le blog 3-6 ans, vous avez vu comment nous montrons tôt la notion de verbe et renforçons l'imprégnation linguistique par les petits verbes rouges.
Lorsque l'enfant est devenu un lecteur autonome, qu'il a déjà un peu avancé dans l'étude du nom (le masculin et le féminin, le singulier et le pluriel) et qu'il a acquis au moins la notion de sujet (sous la forme de de question "qui est-ce qui?" au minimum), nous pouvons démarrer l'entrée dans la conjugaison proprement dite.

Pour cela, il faudra d'abord faire prendre conscience de l'extrême polymorphisme du verbe et de la nécessité d'utiliser une forme particulière pour en parler: l'infinitif.

Pour cela, une présentation avec plusieurs enfants sera très intéressante, sinon, l'enfant travaillera un peu plus. Il s'agit de préparer plusieurs phrases dans lesquelles nous utiliserons toujours le même verbe mais avec des sujets très variés et à des temps différents (à noter, il faut rester dans les temps simples, pas de temps composés).
Pour un seul enfant, on fera au moins 3 phrases, comme celles-ci:


Nous demandons à l'enfant d'identifier le mot qui indique ce que l'on fait dans ces phrases: "mange", "mangerons", "mangeait".

mardi 13 septembre 2016

Apprentissage de la conjugaison I : la progression générale

Comme promis lors de mon dernier billet, voici un premier article consacré à l'apprentissage du français en 6-12. Ça faisait très longtemps que je n'avais pas abordé ce sujet sur le blog...
La conjugaison étant un vaste sujet, ce billet se veut une sorte de sommaire de la progression. Je reviendrai détailler les matériels évoqués dans d'autres billets.

En fin de 3-6 ans, lors de la finalisation de l'apprentissage de la lecture, nous avons mis l'enfant en contact avec la conjugaison avec le matériel des verbes rouges.
La finalité de ce matériel est bien d'être une aide à la lecture: lire correctement à les terminaisons verbales est un point important de l'apprentissage de la lecture (et souvent pas correctement maîtrisé au collège quand il a été négligé, les enfants lisant les finales de 3ème personne de pluriel en faisant sonner "an" le -ent...).
En plus de cela, il permet une première imprégnation de la conjugaison en apportant:
- la liste des pronoms personnels dans le bon ordre avec le sens de chacun
- un raccrochage des formes utilisées par l'enfant à la notion de temps verbal
- une première sensibilisation à la notion de terminaison

Pour vous rappeler comment ces points sont mis en place avec ce matériel, vous pouvez consulter le billet qui lui est consacré sur le blog 3-6 ans.

Par la suite, l'objectif est que l'enfant maîtrise la conjugaison. Cela suppose:
- la capacité d'écrire correctement la terminaison qui convient en fonction du sujet
- la capacité de trouver la bonne forme verbale
- la compréhension de la valeur des temps puis des modes à la fois pour comprendre ce que l'on lit et pour choisir correctement sa forme verbale quand on écrit (notamment le fameux choix imparfait/passé simple dans l'écriture du récit au passé, au programme entre le CM et la fin du collège)
- la capacité à identifier le temps et le mode d'un verbe conjugué, notamment pour l'orthographier correctement.

Pour arriver à cette maîtrise, nous devrons passer par plusieurs étapes.

La première constitue une base indispensable sans laquelle il est difficile de progresser.
D'abord, puisque les règles de conjugaison diffèrent d'un groupe à l'autre, il faut que l'enfant commence par savoir identifier le groupe d'un verbe grâce à son infinitif. Une présentation des groupes puis des exercices de tri de verbes sont proposés. La notion de radical du verbe sera abordé à ce moment.

tris de groupes


Parallèlement, on vérifiera que l'enfant maîtrise les notions de présent, passé et futur (notions amenées sensoriellement en 3-6) et peut les reconnaître dans des formes conjuguées. Une présentation et un tri de phrases rempliront cet objectif.



dimanche 11 septembre 2016

1ère semaine d'IEF

Notre première semaine de reprise d'IEF avec Pauline se termine. Un mélange d'habitudes et de nouveautés. Car c'est l'avantage de l'IEF de pouvoir utiliser la méthode et l'organisation de travail qui nous convient le mieux et de l'adapter dès que le besoin s'en fait ressentir.

Cette année, donc, devrait être la dernière année d'IEF pour Pauline. Elle est clairement en demande de côtoyer des enfants dans sa journée et même si nous allons tout faire pour rencontrer du monde sur Lyon, je ne suis pas sûre que cela lui suffise.
De plus elle caresse le rêve d'entrer dans une classe à horaire aménagé de danse (CHAD). Son année d'avance ne rend pas la situation facile, mais nous avons pu parler à la professeur de danse classique du conservatoire qu'elle devrait avoir cette année qui a pris note et va voir comment rendre cela possible.

Pauline s'imagine déjà en danseuse dans le Grand studio de répétition du Ballet de l'Opéra de Lyon, lors des portes ouvertes hier après-midi...

Reste maintenant à rentrer au conservatoire. Pauline a fait sa première année de danse du cursus de conservatoire à Angers et a été admise en 2ème année, mais en changeant de conservatoire, elle reste tout de même soumise au concours d'entrée, en espérant qu'il y aura de la place pour elle. Reste aussi à dégoter le certificat médical, ce qui n'est pas une mince affaire, puisqu'arrivant à Lyon, avec un médecin qui ne nous connaît pas, le petit souffle au cœur entendu pour la 1er fois cette année lui vaut de devoir passer en urgence un bilan cardiaque juste avant son concours. Emotion garantie! Même si nous sommes quasiment sûrs qu'il s'agit d'un souffle bénin, très courant à son âge, prendre un RDV 10 jours avant la date du concours a tenu de l'exploit! Maintenant, on croise les doigts pour que tout s'enchaîne bien!

Ces projets en tête, nous avons discuté avec Pauline pour organiser l'année dans l'objectif d'un passage en 6ème (classique ou CHAD) l'an prochain en douceur, tout en bénéficiant de la liberté et de la richesse que nous apporte le fait d'être en IEF.

Nous gardons donc les matinée pour le français, les maths et l'anglais, l'après-midi pour tout le reste.
Ensemble, nous avons défini les priorités à travailler en français et mathématiques et les modalités.

jeudi 1 septembre 2016

Nouvelle rentrée: des inquiétudes mais des espoirs aussi.

Après de longue semaines passées à désencombrer, ranger, mettre en cartons, déménager, déballer les cartons et ranger encore, me voici enfin la tête hors de l'eau et prête à reprendre la plume de ce blog, mais depuis Lyon, cette fois!

Une nouvelle rentrée nous attend, au bout de ces vacances bien chahutées par notre changement de vie. Pour Clémence, ce sera la 5ème, dans un nouvel établissement (j'ai en tête depuis longtemps déjà de vous faire un petit billet sur son entrée dans l'enseignement classique..) et pour Pauline, encore une année d'IEF avant, sans doute, une entrée en 6ème à la rentrée prochaine.

Cette rentrée, pour nous, parents IEF s'annonce toujours sous la menace d'une liberté restreinte par la loi votée au parlement en juillet. Ce mois de septembre, ce sont les sénateurs qui vont se pencher sur ce texte.
D'ores et déjà, des parents engagées tentent de rencontrer un maximum de sénateurs pour leur expliquer la réalité de l'IEF et la nécessité d'une souplesse dans les contrôles, d'une ouverture d'esprit des inspecteurs. Pour que la liberté d'instruction dans notre pays ne soit pas un vain mot, chacun peut écrire à son sénateur pour l'alerter sur la situation. Le site de l'association Les enfants d'abord propose une lettre claire et bien argumentée que l'on peut reprendre telle quelle.

Mais d'une autre côté, la bonne surprise de cette rentrée, a été d'entendre ce matin sur France Inter Céline Alvarez invitée de la matinale à l'occasion de la sortie de son livre "Les lois naturelles de l'enfant".



Bien sûr, sur un temps aussi court, Céline Alvarez ne pouvait pas tout expliquer, mais le présentateur, visiblement impressionné, lui a laissé le temps de parler et des millions de personnes auront entendu que le système scolaire actuel est inadapté au rythme de l'enfant, qu'il faut faire profondément bouger les manières d'enseigner.
Maria Montessori a initié, il y a plus de 100 ans, une manière de travailler avec les enfants, basée sur sa seule observation scientifique et guidée par la confiance et la bienveillance. Les neurosciences valident actuellement tous ses choix et Céline Alvarez est aujourd'hui une sorte de caisse de résonance entre cette merveilleuse pédagogie "nouvelle" centenaire et la voix des scientifiques comme Stanislas Dehaene.

Le mouvement de révolte sourd contre le carcan de l'éducation nationale s'enfle progressivement. Voici une dizaine d'année que le mouvement à commencer à s'infiltrer, que, clandestinement, des professeurs des écoles tentent d'instiller la pédagogie Montessori au sein de leurs classe.
Il y 5 ans, quand je faisais mes premières conférences sur la pédagogie Montesori, il n'y avait que quelques enseignants dans mon auditoire. Ces dernières années, ils représentaient presque 100%!
Internet et l'expérience de Céline Alvarez leur a permis de se rendre compte qu'ils n'étaient pas seuls, ils ont pu échanger, partager, se soutenir.
Très marginal, ce mouvement de fond encore minoritaire tend à prendre de l'ampleur et c'est tant mieux! Quand j'ai créé l'Ecole Montessori d'Angers, je voulais pouvoir utiliser cette pédagogie telle qu'elle a été prévue, sans contrainte institutionnelle de la part de l'Education Nationale et je ne regrette pas ce choix, même si la loi française fait tout pour rendre la vie des école hors contrat compliquée et que l'argent est un réel problème.

Aujourd'hui, je vois tous ces professeurs des écoles qui veulent faire autrement et se tournent vers la pédagogie Montessori. Certes, il ne leur est souvent pas possible de l'appliquer en totalité, surtout à partir de 6 ans car l'administration ne leur simplifie pas la tâche (programmes, classes d'âges, récréations, normes sécuritaires...) mais je pense qu'il faut soutenir ces collègues et les aider à développer une autre manière d'enseigner.
Développer la connaissance sur le matériel Montessori, oui, mais surtout faire connaître la philosophie. Car c'est elle qui est la clef, plus encore que le matériel, elle qui colle au développement harmonieux de l'enfant, elle qui permet de créer ce terreau fertile, dans lequel l'enfant, graine d'adulte, va développer rameaux et racines de son savoir mais aussi de sa personnalité.

J'ose croire, qu'en cette rentrée 2016, nous sommes aussi à l'aube d'un changement de masse initié par la base (le meilleur des changements). Qu'enfin le mouvement de l'alternative a atteint une masse critique pour être capable de provoquer une bouleversement dans les esprits.
De même qu'il nous faut faire la transition énergétique pour notre propre survie, il nous faut enfin réaliser la transition éducative. Je l'appelle de tous mes vœux depuis fort longtemps (avant même d'avoir quitté l'Education Nationale!) et j'espère plus que jamais pouvoir faire partie de ces passeurs d'expérience pour aider tous les collègues qui sont en recherche, ici, à Lyon, mais aussi dans toute la France grâce au web.

Alors, en ce 1er septembre, je vous souhaite à tous une bonne rentrée, ou non-rentrée pour tous les parents IEF, en espérant que nos inquiétudes pour l'IEF ne seront bientôt qu'un mauvais souvenir et en espérant que les méthodes alternatives, maintenant validées par la science, se répandent de plus en plus!

lundi 27 juin 2016

Multiplier un entier par un décimal I: construire le damier décimal

Pauline sait multiplier un décimal par un entier depuis l'année dernière. la manipulation est simple: à l'aide des petites perles écrasées, il suffit de prendre un certain nombre de fois la quantité demandée. Voici un exemple réalisé à l'école il y a quelques années:


Maintenant, nous voulons amener l'enfant à réaliser l'opération inverse: multiplier un entier par un décimal.
Certes, nous pourrions dire simplement à l'enfant que, comme la multiplication est commutative, 4 X 0,25 et 0,25 X 4 c'est pareil. Mais, comme je vous l'ai dit au sujet de la multiplication par une fraction, en Montessori, on ne donne jamais de "recette" toute faite tant que l'enfant n'a pas expérimenté et compris la notion.
Nous allons donc construire une progression pour que l'enfant intériorise ce qui se passe quand on multiplie par une quantité décimale et observe le placement de la virgule avant de lui donner la fameuse recette.

La première chose que nous allons faire, c'est construire avec lui le 1er outil qu'il va utiliser: le damier décimal.

mercredi 22 juin 2016

Pour que l'IEF reste ce riche terreau fertile de l'éducation, mobilisons-nous et défendons la Liberté d'instruction!

Image trouvée sur ce site


Voilà un moment que cet article me trotte dans la tête et que je n'arrive pas à l'écrire. Mais l'enjeu est trop important, alors tant pis si la forme n'est pas ce que j'attendais!

Récemment, sur ce blog, j'ai relayé la proposition de loi d'Eric Ciotti tendant à interdire l'IEF et à soumettre à autorisation l'ouverture des écoles hors-contrat. Un texte tellement énorme quant à l'IEF qu'il y avait bien des chances que, comme d'autres auparavant, il ne passe pas l'étape du projet.

Mais nous ne savions pas, alors, que l'IEF était sous la menace d'un danger bien plus proche et bien plus immédiat. En effet, c'est au sein même du ministère de l'Education Nationale, que se préparait le coup le plus meurtrier...
Lorsque Jules Ferry, (un homme pourtant pas particulièrement commode ni souple) a fait passer ses lois scolaires en 1882, il s'est bien gardé de rendre l'école obligatoire, seulement l'instruction. Pourtant, il rêvait d'une école qui forme de bons petits soldats républicains et que la France en finisse une bonne fois pour toute avec les régimes monarchiques. Malgré tout, la liberté individuelle restait encore supérieure à ce rêve et le choix des modalités d'instruction est donc resté aux parents, conformément à la Déclaration des Droits de l'Homme.
Jusqu'en 1998, les parents jouissaient donc d'une magnifique liberté concernant l'instruction de leurs enfants et ils avaient aussi la liberté de se regrouper en écoles informelles et familiales. Il a fallu la malheureuse histoire des enfants de la secte Tabitha's place pour que Ségolène Royal réagisse une fois de plus sous le coup de l'émotion (elle avait fait de même avec la règlementation des sorties scolaires...) et prenne une série de mesures visant à contrôler plus étroitement ces quelques enfants qui ne fréquentaient pas les écoles déclarées. Les écoles parentales non déclarées ont été les grandes victimes de cette mesure, mais, globalement, les parents ont pu continuer à instruire leurs enfants en suivant la pédagogie et la progression qui leur convenait.

Certes, tous les ans, les parents sont contrôlés pour voir si leurs enfants reçoivent un enseignement effectif qui leur permette d'arriver au socle commun des compétences, mais jusqu'à présent, les inspecteurs viennent au domicile de l'enfant et, pour juger de l'instruction reçue, les parents peuvent s'opposer à ce que l'enfant subissent une batterie de tests, surtout si la pédagogie utilisée à la maison est très différente de celle de l'Education nationale, et d'autant plus si l'enfant a eu un vécu scolaire  douloureux et que les tests ravivent des blessures parfois très importantes.


Aujourd'hui, les conditions d'IEF se retrouvent sérieusement menacées.
Face au nombre grandissant d'enfants instruits en IEF, les inspections académiques avaient déjà tendance à convoquer de plus en plus les familles dans des établissements scolaires ou les inspections, surtout pour les enfants en secondaire. On imagine bien l'intérêt de la chose pour les inspecteurs. Mais l'intérêt de l'enfant et, plus largement, des familles? Outre la difficulté de transporter les outils pédagogiques, que dire du stress de l'enfant dans ces conditions?
Jusqu'à présent, les familles pouvaient refuser la convocation et demander une inspection au domicile. Ça se passait plus ou moins bien, mais les familles étaient dans leur droit.
Aujourd'hui, le ministère veut laisser le choix du lieu de contrôle à la seule inspection académique. Pire encore, au cas où le parents refuseraient à 2 reprises un contrôle, ils se verraient notifier une injonction de scolarisation...

Mais ce n'est pas tout!
Dans la plupart des cas, les familles qui choisissent l'Instruction en Famille ne souhaitent pas faire "l'Ecole à la Maison". Autrement dit, même si elles travaillent parfois avec des outils classiques, l'une des premières raisons du choix de l'IEF est de suivre le rythme de l'enfant.
C'est pour cela qu'elles font majoritairement le choix d'une pédagogie différente de celle de l'Education Nationale. Or qui dit pédagogie différente, dit outils différents et progression différente, ce qui ne veut pas dire que les enfants ne sauront rien à la fin, bien au contraire.
Le texte qui régit nos obligations se base sur l'acquisition du socle commun des compétences. Un texte relativement vague qui laisse une assez grande liberté sur la manière de le mettre en œuvre. Or les inspecteurs ne connaissent bien souvent qu'une seule manière de vérifier ces compétences: les exercices de la pédagogie classique.

Dans la situation actuelle, on rencontre bon nombre d'inspecteurs plutôt ouverts et capables d'évaluer le travail d'un enfant avec d'autres lunettes que celles des exercices de leurs livrets d'évaluation standardisés. On rencontre bien des inspecteurs très obtus qui ne jurent que par les tests écrits, mais il est possible, pour les parents qui le souhaitent, de s'opposer à ces personnes et de demander un autre type d'évaluation. Parfois les inspecteurs refusent de respecter ce droit des parents et les choses peuvent aller jusqu'au tribunal.

Aujourd'hui, pour couper court aux situations litigieuses, la Ministre de l'Education a décidé de simplifier le problème et de mettre fins aux procès qui opposent les familles aux Inspecteurs académiques en rendant simplement les tests systématiques!

Cette décision est totalement liberticide! Certes, l'IEF n'est pas soumise à autorisation comme le souhaitait Eric Ciotti, mais on la musèle, on lui enlève ce qui fait sa spécificité et sa richesse. On impose aux enfants de se soumettre encore et toujours à la pédagogie classique.

Pourtant, la Déclaration des Droits de l'Homme est claire:

« Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »
Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948, article 26-3.
« Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction. L’Etat, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques. »
Protocole additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, 1952, article 2, protocole n°1.
« La liberté de créer des établissements d’enseignement dans le respect des principes démocratiques, ainsi que le droit des parents d’assurer l’éducation et l’enseignement de leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses, philosophiques et pédagogiques, sont respectés selon les lois nationales qui en régissent l’exercice. »
Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, 2002, Article 14-3.

L'IEF n'est pas un copié-collé de l'école. L'Education Nationale (dont j'ai fait partie pendant 12 ans) n'a pas le monopole de l'apprentissage et du savoir. On peut avoir atteint des compétences du socle commun sous une autre forme que celle que l'on retrouve dans les exercices scolaires!
L'Education Nationale ne semble capable de voir qu'à travers son propre moule. Mais qu'elle commence par faire sa propre évaluation!
Quand 25 % des élèves sortent avec des acquis fragiles du primaire et 15% sont en très grande difficulté, que ces chiffres ne baissent pas (loin de là) depuis des années et des années, il serait bon qu'elle change enfin de lunettes pour voir le monde. Qu'elle entende les neuro-scientifiques, qu'elle arrête de mettre des bâtons dans les roues de ceux qui essayent de rendre le système plus efficient (les enseignants Freinet, Céline Alvarez...), voire même qu'elle se ressource dans les expériences des écoles alternatives et des parents IEF (rêvons...)!!

Mais non, au lieu de résoudre ses propres problèmes, L'Education Nationale préfère passer beaucoup de temps à réglementer la situation de 0,03 % d'enfants (les enfants en IEF hors CNED). Et sur cet infime pourcentage d'enfants, un député de la majorité avoue lui-même en Commission Spéciale que les problèmes, "sont des cas infimes".
Mais leur problème, c'est que, bien que très marginale, l'IEF progresse ces derniers temps. Rendez-vous compte, plus 30% ces dernières années, affirme le ministre Patrick Kanner, dans cette même Commission Spéciale. Et visiblement, ce "raz-de marée" (0,03 % d'élèves, on le rappelle) les agace, voire même leur fait peur...
C'est qu'en la matière, le gouvernement peine à accepter l'effectivité de la liberté de l'instruction. Qu'une poignée "d'hurluberlus" échappe à l'école traditionnelle, c'était déjà tout juste supportable, mais si en plus ce nombre augmente!...

Malgré les paroles apaisantes de la Présidente de la Commission spéciale sur le fait que la liberté d'instruction n'est nullement remise en cause, le discours de Mr Carpentier est extrêmement révélateur d'un courant de pensée dominant. Je vous laisse en découvrir la teneur translittérée par mes soins:
"Je souhaite que la norme pour notre pays soit un maximum de scolariser nos enfants, donc, ça doit être un effort chaque jour de notre système scolaire; c'est pour ça qu'on a fait la refondation de l'école. Il faut que l'école réponde aux questions. Après, il y a le droit des familles, qui doit être strictement contrôlé. Et au vu des chiffres donnés par le ministre, je suis satisfait de la proposition que fait le ministre aujourd'hui. Elle est claire, elle est nette, et j'en suis très content."

On voit bien que le rêve de ce monsieur est de ramener dare-dare tous ces enfants qui lui échappent dans le giron de l'école. Ça doit même être "un effort de chaque jour" ! On dirait vraiment que cela lui fait mal que des enfants puissent apprendre en dehors de l'école. Et s'il ne peut pas ouvertement contester le droit des familles, on sent nettement la volonté de contrôler très étroitement.

Et c'est là le maître mot, à mon avis. C'est là la maladie de ce siècle et de ce gouvernement. Vouloir tout contrôler, mesurer, faire rentrer dans le moule... Tant est si bien que l'humain passe à la moulinette!

Ce texte m'a tout l'air, encore une fois, d'être un texte de réaction. Un texte dictée par la peur, peur de l'autre (la référence à la radicalisation apparaît dans les motivations du texte), peur d'une manière de faire et de penser différente... Le tout enrobé dans un discours fédérateur autour de l'égalité et de la citoyenneté.

Mais c'est surtout un texte inspiré par la volonté de mettre tout le monde sur le même plan, de nourrir tout le monde à la même soupe. Mais c'est oublier que l'humain est divers, multiple. C'est oublier que nos grands penseurs, nos grands scientifiques, ceux qui ont fait changer le monde, étaient tout sauf des gens dans le moule!! Ce texte me fait penser à un insecticide ou un pesticide qu'on répand dans un champ. Exit les mauvaises herbes, exit les coquelicots, exit les pollinisateurs! Pourtant, quoi de plus beau qu'un champ de blé avec des coquelicots ?

Nous, les parents IEF et les éducateurs des écoles alternatives, nous sommes les herbes folles, les coquelicots du champ de blé de l'éducation. Je vois bien que, depuis quelques temps, maintenant, de plus en plus d'enseignants eux-mêmes étouffent dans le carcan normatif de l'Education Nationale (d'ailleurs, je ne veux plus y remettre les pieds).
Ils viennent se ressourcer auprès de nous, qui proposons un modèle différent. Mais vu du ministère, cette réalité n'existe pas. On préfère se payer de mots, faire mine que l'IEF est dangereux et ne surtout rien faire pour améliorer le système scolaire...

J'ai conscience que mon billet part un peu dans tous les sens. C'est que j'ai tellement de choses qui me viennent que je ne sais comment tout rassembler dans un tout cohérent.
Mais d'autres sur la toile ont écrit très bien sur ces thèmes.
Je vous invite particulièrement à aller lire le très beau (et impertinent) billet de Bernard Collot ainsi que les nombreux articles d'Isa Lise.
Et comme tout n'est pas encore joué, si vous aussi vous estimez que la liberté d'instruction doit être défendue, que vous la pratiquiez ou non, que vous soyez parent ou enseignant, n'hésitez pas à signer la pétition de Colect'IEF.

vendredi 10 juin 2016

Pyramide alimentaire

Il y a quelques temps, Pauline m'a demandé à ressortir un matériel que j'avais fabriqué il y a longtemps pour la classe. Il s'agit d'une pyramide alimentaire.
L'idée de fabriquer ce matériel m'était venue à l'époque en écoutant parler les enfants entre eux de ce qu'ils mangeaient. Des réflexions de quelques filles à propos d'aliments "à ne pas manger" ou "qui font grossir" m'avaient convaincue que les choses étaient très embrouillées dans leur tête et qu'il fallait clarifier cela.
En complément de leur travail sur le système digestif, j'avais donc préparé un matériel sur la fameuse pyramide alimentaire.
L'idée de base était de ne diaboliser aucun aliment mais d'insister sur le rôle que joue chacun d'eux et sur l'idée de proportion à respecter entre groupes d'aliments.





Lors de la présentation, comme pour un grand récit, j'ai sorti l'affiche renseignée. En 6-12, le point commun des "leçons", c'est de partir d'une question, d'une interrogation qui puisse intriguer les enfants. Par exemple: "Nous avons vu que notre corps avait besoin que nous avalions des aliments pour que le système digestif puisse extraire les minuscules éléments nécessaires à la vie de nos cellules, les nutriments. Mais, à votre avis, est-ce qu'on trouve toutes les sortes de nutriments nécessaires dans n'importe quel aliment?"
Les enfants expriment un peu leur avis, des connaissances et des croyances émergent. Nous pouvons donc utiliser l'affiche pour trouver la réponse à notre question. Je fais observer chaque étage de la pyramide aux enfants. Les grands types d'aliments sont nommés ainsi que leur importance pour notre santé.
Par exemple, pour l'eau: " Notre corps est composé à 70% d'eau. L'eau n'est pas un aliment mais elle est absolument indispensable à notre vie et permet à nos cellules d'utiliser l'énergie des nutriments. Nous perdons régulièrement de l'eau par la transpiration et l'urine. Il faut donc chaque jour apporter de l'eau à notre corps pour l'hydrater, c'est à dire, maintenir le bon niveau d'eau dans nos cellules."

La pyramide proposée inclut les protéines animales, mais lors de la présentation, on indique que certaines personnes choisissent de ne pas en consommer et on explique brièvement comment certaines catégories d'aliments (les légumineuses, essentiellement) peuvent compenser.
Quand tous les étages ont été vus, on regarde la forme triangulaire de la pyramide pour en comprendre le sens.



Patrons de volumes



En fin d'année dernière, à l'école, nous avions commencé à voir avec les enfants de l'âge de Pauline comment développer un patron à l'aide des volumes bleus. Je n'en ai hélas pas pris de photos à l'époque mais la technique est simple: sur une feuille A3, on pose un volume (le parallélépipède, pour commencer) et on trace le contour de la première face. Puis on fait pivoter le volume pour tracer une deuxième face et ainsi de suite...
Quand on a tracé les 4 rectangles, on observe avec les enfants comment sont placées les 2 faces carrées et comment les dessiner de part et d'autre d'une face rectangulaire.
Pour placer les languettes, le mieux est d'avoir dessiné soi-même un patron, de le découper et de faire réfléchir les enfants pour savoir à quel endroit ils vont devoir les placer.
Avant de faire cette activité, nous avons vu avec l'enfant le vocabulaire du volume: face, arête, sommet.
En fabriquant puis en montant les patrons, l'enfant prend mieux conscience que les faces sont des figures géométriques planes et les arrêtes les segments qui délimitent les côtés de ces figures.
Après la réalisation guidée du parallélépipède, on incite les enfants à se fabriquer d'autres volumes. Ils devront donc réfléchir, volume en main, à la manière dont ils vont raccrocher chacune des faces les unes aux autres pour que le patron puisse devenir un volume  ainsi qu'à la place des languettes.
Un travail motivant pour les enfants et qui avait rencontré beaucoup de succès.

Cette année, dans son fichier de maths, Pauline avait une série d'exercices sur les volumes et leurs patrons. Elle les a beaucoup aimés et elle s'est rappelé de l'activité faite en classe. Du coup, elle avait envie de construire d'autres volumes.
J'ai donc utilisé les exercices d'un fichier des excellentes éditions Buissonnière: géométrie au cycle 3.
J'ai imprimé les patrons sur papier fort et elle s'en est donné à cœur joie de monter les nombreux volumes proposés.

Après l'étape du découpage, pour plier correctement, il faut préalablement marquer les plis avec un objet dur et pointu. ici, nous utilisons l'objet spécialement prévu pour cela: le plioir. Cette étape demande de la précision dans le "tracé".

Petit à petit, le patron devient volume

L'étape du collage requiert parfois une grande précision. Une colle en gel comme la scotch net est la colle la plus adaptée pour réaliser ce genre de travaux ainsi que les maquettes.

Il lui reste encore quelques volumes à monter (dont le fameux ballon de foot qu'il faut que nous fassions imprimer sur du A3 dans une boutique de reproduction) mais la collection de volumes commence à bien s'étoffer...

lundi 30 mai 2016

Mise à jour sur le blog 3-6 ans

Je viens de commencer à publier le 1er billet de synthèse sur la vie pratique en 3-6 ans sur le vieux blog Journal Montessori. N'hésitez pas à le consulter et à laisser vos commentaires et/ou vos questions si cela vous intéresse.

jeudi 5 mai 2016

Menaces sur l'IEF

Eh, oui, 2 articles le même jour!
D'habitude, je ne suis pas assez réactive pour relayer l'info, mais je viens de tomber sur cet article de Lise Isa nous informant au'n groupe de députés essaye encore une fois de faire passer une loi destinée à rendre impossible l'IEF par choix personnel. Cette fois-ci, c'est l'argument du terrorisme qui est utilisé...
Je vous renvoie à son article auquel j'adhère totalement et dans lequel vous pourrez trouver les liens vers 2 pétitions pour lutter contre ce ixième projet de loi contre la liberté d'éducation.
Espérons qu'il en sera de même que pour toutes les autres tentatives. Il serait bon que les politiques mettent leur énergie ailleurs que sur l'IEF pour résoudre le problème du terrorisme et plutôt se demander si ce ne serait pas justement "l'école de la République" qui n'aurait pas accouché de ce monstre du terrorisme en se gavant de belles paroles sans voir la réalité du terrain.

Chimie

La chimie est un domaine que l'on aborde tard dans les études en France. Quelques vagues rudiments au collège et un peu plus au lycée.
Pourtant la chimie est une clef qui explique bien des phénomènes et qui peut être expliquée assez simplement aux enfants dès 8 ou 9 ans. Dans "De l'Enfant à l'Adolescent", Maria Montessori se livre a une brillante démonstration d'enseignement des bases de la chimie aux enfants de 9-12 ans en proposant une histoire de la terre à travers la thématique de l'eau.

Depuis des années, je suis attentivement les parutions de l'association Carpe Diem qui propose des lapbooks et autres ressources éducatives innovantes. J'en ai utilisé plusieurs avec les enfants et notamment l'excellent grimoire de chimie. Je commençais la chimie avec les enfants vers 8 ans en me basant simplement sur la lecture commentée de cet excellent outil et sur les activités proposées. Les enfants en raffolaient!

Le "grimoire" se lit comme un roman passionnant. Le ton employé est léger, drôle et les notions étudiées deviennent lumineuses et simples avec des exercices pour bien se les approprier. Depuis cette année, il y également la possibilité d'activités supplémentaires sous forme de lapbook.
Du coup, quand j'ai commencé le cursus pour Pauline cette année, nous avons pu bénéficier à la fois des activités du grimoire, ce celles du livret d'activités complémentaires et de celles du lapbook. Un cursus très complet!
Pauline a maintenant son cahier de chimie où nous collons les fiches d'exercices du grimoire ainsi que  les réalisations du fichier lapbook.

Travail sur la notion d'élément puis de molécules. Pour comprendre les formules des molécules, la comparaison avec la recette fonctionne à merveille. Sur la page de gauche, on s'amuse à faire des petits calculs simples de proportionnalité pour fabriquer des quantités variables de tel ou tel minéral.

Pour être à l'aise, mémoriser un certain nombre de nom d'éléments avec leur symbole s'avère une bonne stratégie. 2 activités fournies avec le grimoire ont bien aidé.
Un premier jeu en forme de bocaux (dans le premier chapitre, le tableau périodique des éléments est montré sous forme d'un immense placard de cuisine et la métaphore de la cuisine cosmique est filée tout le long du livre avec, en fin de chapitre, des petites BD hilarantes et instructives du "chef atomique".) permet d'associer le nom des éléments que l'on choisit soi-même à leur symbole.

Il suffit d'imprimer une ou plusieurs planches de bocaux que l'on découpe puis d'inscrire un symbole sur son étiquette. On peut jouer avec de plusieurs manières. J'ai inscrit au dos le nom de l'élément pour permettre l'auto-correction.
Un autre jeu de cartes, le "Six vite" permet de faire connaissance avec 108 éléments: leur nom, leur symbole, leur numéro atomique, l'origine de leur nom et leur utilisation. On peut y jouer avec une règle type "jungle speed" ou les utiliser de manière documentaires pour plusieurs activités du grimoire.

Dans mon jeu, j'ai colorié le nom de certaines cartes avec le code couleur du tableau périodique lors d'une autre activité.

Le grimoire nous fait rentrer dans les entrailles d'un atome et étudie en détail la répartition des électrons, notion fondamentale pour la suite.

Schéma de l'atome et répartition des électrons sur leurs orbitales (cet exercice qui a l'air aride arrive après une phase manipulation très simple qui permet de faire cet exercice très facilement).

Activité récapitulative sur les éléments, leur nom, leur symbole et leur numéro atomique.

On approfondit ensuite la structure des atomes en abordant la notion de valence, toujours avec des termes ultra simples. La démarche calque beaucoup celle des grands récits Montessoriens et ce que Maria Montessori raconte dans De l'enfant à l'adolescent, à savoir une certaine personnification des éléments puisque l'on parle de "règles de vie" des électrons et qu'on fait dire à ces derniers "8, c'est le paradis!". Mais si cet anthropomorphisme peut donner de l'urticaire à certains, je le trouve, moi, très bien vu, car, comme en Montessori, il n'a qu'un seul but: frapper l'imagination. Et, croyez-moi, les notions sont fort bien comprises et assimilées, au point que bien des enfants, ensuite, devancent la leçon sur les sels quand ils observent le tableau périodique ré-écrit avec juste les valences! A nous de vérifier régulièrement que les enfants ne prennent pas la personnification au pied de la lettre.

En partant d'une comparaison un peu anthropomorphique, on arrive tout de même à définir la valence et à écrire les éléments sous forme de diagramme de Lewis, donc, de la vraie chimie "dure".
Pendant toute cette période nous nous sommes familiarisés également avec le tableau périodique des éléments, notamment avec l'histoire de sa  création par Mendeleïev, puis à la lumière de nos nouvelles connaissances sur la valence. Enfin, avant d'aborder les liaisons entre les éléments, l'auteur nous propose une relecture de ce tableau sous la forme d'un conte appelé "le royaume périodique". Il me rappelle assez, dans sa facture, l'histoire du Grand Fleuve qui introduit l'anatomie humaine, l'humour en plus. En lisant l'histoire, nous avons sous les yeux le tableau colorié que nous avons réalisé à la fin du chapitre précédent ainsi qu'un dessin anthropomorphique qui colle avec le conte scientifique.


Cette grande phase préparatoire achevée, le grimoire nous invite à passer en revue chaque famille, ce qui va nous permettre de découvrir les 3 grands liens chimiques: ioniques, covalents et métalliques avant de terminer sur la radio-activité.
C'est cette partie que Pauline attendait avec impatience puisque elle avait bien vu que pour soutenir ces chapitres, nous avions quelques petites expériences et de constructions de molécules en bonbons au programme!
En effet, j'ai terminé le grimoire avec Clémence et un ancien élève de l'école et Pauline - qui n'était pas invitée à nos séances puisqu'elle n'avait pas encore vu les 1ers chapitres - était impatiente d'y arriver à son tour.

Observation de la structure cristalline du sel



Construction d'une molécule de sel en dragibus

De la molécule on passe au cristal



D'autres molécules sont modélisées comme le dioxygène, le dioxyde de carbone...
Lors d'une autre séance, nous avons modélisé les différentes modes de cristallisation du carbone: sous forme hexagonale comme dans le graphite ou sous forme de tétraèdre comme dans le diamant. 


La modélisation d'un cristal de sel en guimauve par Pauline (les Na sont en rose, les Cl en blanc)

Diverses expériences de cristallisation

Bref, comme vous le voyez, à la maison, le grimoire de chimie de Carpe Diem a un succès fou (non, je n'ai pas d'action chez eux, c'est une petite association qui travaille bien et cela fait plaisir de les soutenir ;-)  ). N'ayant pas eue formation sur la chimie, j'ai trouvé ce travail remarquable et complètement dans la démarche montessorienne, c'est pourquoi je l'ai adopté sans réserve. Je trouve que posséder quelques connaissance de chimie est vraiment fondamental pour comprendre le monde et justement éviter de voir des choses "magiques" là où il n'y en a pas. Cet apprentissage continue très logiquement les Grands récits travaillés en 6-9 ans.
La maman du petit garçon qui a continué le grimoire cette année est chimiste. Elle était étonnée de voir qu'à 9 ou 10 ans on pouvait aborder des notions comme la valence alors qu'on ne l'explique que très tardivement dans les études classiques. Pourtant c'est fondamental pour bien comprendre et ce n'est pas difficile en suivant cette méthode.

Et vous savez quoi, quand le grimoire de chimie est terminé, il y en un autre qui nous emmène sur les sentiers de la chimie organique!
Lui aussi est formidable et je viens de le commencer avec les grands, on se régale!
Et pour compléter le grimoire, je vous conseille les 2 excellents beaux livres de Théodore Gray: "Atomes " et "Molécules". (Le premier n'est plus disponible mais on le trouve en bibliothèque.)



Outre les belles photos et les schémas, on trouve un texte très humoristique et plutôt simple même si je vous recommande de passer d'abord par les grimoires de Carpe Diem avant de l'aborder si vos études de chimie n'ont pas été très poussées.

Alors, vous aussi, prêtes pour la chimie avec vos grands?