vendredi 15 juin 2018

Un joli exemple d'auto-educazione



L'année scolaire se termine, la première année au collège et dans le système classique pour Pauline. L'établissement choisi a tenu ses promesses en termes de positionnement de l'adulte avec les enfants et Clémence, qui a rejoint ce collège en septembre s'y est épanouie, retrouvant sa joie de vive ternie la le collège précédent.
Mais si je consacre un billet à Pauline aujourd'hui, c'est parce que son comportement d'hier soir m'a paru totalement symptomatique  d'un enfant qui a gardé ses habitudes montessoriennes et commence à entrer dans ce que Maria Montessori appelait "l'auto-educazione". Autrement dit, cette capacité de l'enfant à aller seul vers le savoir et à savoir comment y accéder.

Je m'explique: en tant que danseuse en horaires aménagés, Pauline est particulièrement sensibilisée à tout ce qui touche le corps et la santé. Elle a bénéficié d'une série de cours d'anatomie adaptés aux danseurs, ses professeurs y portent une attention constante et visiblement, le sujet l'intéresse. Elle dit en ce moment que si elle ne travaille pas dans la danse, elle sera médecin (ou ostéopathe, ou policière, ou biologiste... A 11 ans, elle a heureusement encore beaucoup de rêves, mais je note une thématique autour du corps.).

Ces derniers temps, nous avons été amenées à fréquenter plusieurs fois les Urgences, notamment pour suspicion de méningite. Ce n'était heureusement que de fausses alertes mais à chaque fois, la question de la ponction lombaire a été abordée. Dimanche dernier, retournant à l'hôpital pour un contrôle, nous avons vu un tout petit bébé qui venait de subir une ponction, justement.

Hier soir, donc, Pauline me questionne sur la ponction lombaire. Je lui réponds avec les quelques connaissances générales que j'ai. Les questions se précisent. Je réponds: "Je ne sais pas, mais tu peux trouver ça si tu cherches."
Pauline s'enflamme: "Oui, je vais chercher et puis je vais écrire un texte pour ne pas oublier."
Et voilà Pauline qui file chercher un gros cahier dans lequel elle aime noter des choses, s'installe devant mon ordinateur, collecte les informations qui l'intéressent, convoque ses souvenirs de cours d'anatomie pour faire le lien avec ce qu'elle lit, vérifie en faisant une autre recherche, dessine...
Elle ne s'est arrêtée que lorsqu'elle a été satisfaite de la quantité d'informations collectées.



Elle était très heureuse de l'avoir fait et se disait que cela l'aiderait peut-être pour ses études, plus tard. Evidemment, à 11 ans, elle ne se rend pas encore compte qu'on attendra beaucoup plus d'informations à retenir. Mais ce qui m'a marqué, c'est vraiment cet élan spontané vers la connaissance, l'autonomie dans la recherche et l'organisation des informations (dans son orthographe encore lacunaire mais avec de plus en plus d'attention quand même) et ce projet de vie derrière la tête pour lequel elle a envie de travailler.

Pendant le reste de cette année, son emploi du temps chargé lui laissait peu de temps. A peine rentrée à la maison, il lui fallait s'atteler à son travail scolaire et manger avant de se détendre un peu et d'aller au lit. Depuis quelques jours, elle a enfin moins ou plus de devoirs quand elle rentre. Quel plaisir de voir que lorsqu'elle a le temps sa vitalité personnelle est toujours là et que cette année scolaire n'a pas entamé son activité spontanée!
J'espère qu'elle arrivera à préserver ce trésor encore longtemps!


3 commentaires:

  1. Bravo Pauline (et un peu aussi à La Maman) !!!

    RépondreSupprimer
  2. Bravo pour cet élan retrouvé. Je pense aussi que vous donnez le bon exemple. Vos filles vous observe travailler, vous les inspirez dans cet élan aussi je pense ����

    RépondreSupprimer
  3. Ah oui... elle a grandi depuis son expérience capillaire malheureuse! :O
    Bises’
    Mari

    RépondreSupprimer