vendredi 22 septembre 2017

Bilan de notre année d'IEF

Le début de l'année est déjà bien entamé. Il est temps que je vous livre enfin le bilan de cette deuxième et dernière année d'IEF avec Pauline.


Une année de liberté

Nous savions en la commençant que cette année serait la dernière puisqu'il a toujours été prévu et voulu par le papa que les filles aillent au collège.
Etant donné qu'à la fin de l'année précédente, Pauline avait déjà quasiment tous les acquis de CM2 à l'exception de l'orthographe, nous avons abordé l'année de manière très détendue. Même si nous tombions sur un inspecteur complètement opposé à l'IEF, nous ne risquions absolument rien puisque le projet était la re-scolarisation.
Par rapport à notre 1ère année d'IEF, nous avons donc abordé l'année de manière beaucoup plus détendue. Nous avons pris le temps de discuter, Pauline et moi, pour faire le point des ses acquis et des éléments à travailler pour l'entrée en 6ème puis nous avons bâti ensemble les grandes lignes de notre organisation que nous avons adaptée dès que le besoin s'en faisait ressentir pour elle comme pour moi.
Nous nous sommes donc autorisé bien plus de libertés que l'année précédente!
Et nous avons bien fait car nous n'avons même pas été inspectées...




Une année de sorties


Notre arrivée à Lyon nous a permis d'entrer en contact avec un réseau IEF très développé et très riche de propositions, via le forum Non-sco Rhône-Alpes. Ce réseau organise de très nombreuses sorties et un certain nombre de familles sont plus ou moins montessoriennes, ce qui nous a permis de nous retrouver avec des familles partageant le même genre d'enseignement.
Grâce au dynamisme de l'une des mamans, nous avons la chance de participer à des séances de sciences à Ebullisciences à Vaulx-en-Velin Cet établissement propose une approche très chouette de la science en mettant les enfants au cœur de la démarche expérimentale. Tous les mois, donc, Pauline a retrouvé des copines et travaillé sur un thème scientifique que nous approfondissions ensuite à la maison.

 

En plus de ces séances mensuelles et de nos promenades quasi quotidiennes, nous sommes sorties beaucoup plus souvent que lors de notre première année, seules ou avec d'autres familles: promenades historiques dans Lyon, sorties botaniques, divers musés de Lyon et environs (musée des Beaux-Arts, , de l'Imprimerie, de Gadagne, Gallo-romain, de la Confluence, Chateau Lumière, planétarium...), visites de monuments ou d'infrastructures (Opéra de Lyon, Auditorium, centre de tri des déchets) ainsi qu'une très chouette stage de robotique avec d'autres copains non-sco.


Bref, alors que l'année précédente elle souffrait d'être seule, cette année, les séances de travail à la maison ont été beaucoup plus faciles car nous sortions environ une fois par semaine et cela atténuait beaucoup la difficulté d'être seule.

Une année de transition

Puisque la 6ème était en vue, nous en avons profité pour préparer Pauline en douceur. Nous faisions régulièrement le point sur ce qu'on attendrait d'elle sur la manière de travailler et nous nous sommes "amusées" à faire comme si elle était déjà au collège de temps en temps pour qu'elle voie ce que c'est.
C'est ainsi qu'elle a appris à utiliser son agenda, à apprendre une leçon, à s'organiser pour faire quelques devoirs que je lui donnais.
Pour la rassurer, nous avons aussi utilisé des documents d'évaluation utilisés par des enseignants à l'entrée de 6ème pour qu'elle puisse se rendre compte de son niveau.



Une année d'autonomie

Si j'étais toujours là pour superviser les apprentissages, Pauline a été très autonome pour choisir et organiser son travail. Nous décidions ensemble des grandes lignes de chaque période puis de chaque semaine. Ensuite, elle se faisait son plan de travail pour chaque jour, le plus souvent toute seule. En Culture, j'ai gardé la main sur l'Histoire car je souhaitais qu'elle ait vu toutes les périodes avant de reprendre le programme de 6ème mais pour le reste, c'est souvent elle qui a été force de proposition.


J'ai pu sentir chez elle les résultat de l'éducation montessorienne: une enfant qui sait ce qu'elle veut, qui aime apprendre, découvrir et fait des projets. Bien souvent, cette année, je n'avais pas besoin de lui demander pour qu'elle se mette au travail. Par moment, même, elle s'y mettait avant le petit déjeuner pour finir plus tôt son programme et se consacrer à des lectures ou des projets plus personnels


Une année de danse

En début d'année, Pauline a dû repasser le concours du Conservatoire pour pouvoir continuer le cursus démarré à Angers (il n'y a pas de passage automatique d'un Conservatoire régional à l'autre...). Elle a eu la chance d'intégrer une classe dirigée par une excellente professeur à la fois exigeante et très bienveillante qui tient à ce que les enfants éprouvent du plaisir à danser. Elle avait également la chance d'avoir 3 cours par semaine (cette année, les élèves qui intègrent ce niveau n'en ont plus que 2, restrictions budgétaires obligent) ce qui lui donnait l'occasion de sortir souvent de la maison et de se faire aussi des amies.



Pendant toute cette année, elle a nourri sa passion pour la danse et ne rêvait que d'une chose: entrer en classe à horaires aménagés danse (CHAD) au Conservatoire. Mais son année scolaire d'avance faisait qu'elle devait se mettre au niveau des élèves de l'année suivante et au final, l'admission est prononcée
par l'inspection académique et non par le Conservatoire lui-même. Même si sa professeure l'encourageait à passer le concours d'entrée, j'avais bien peur de l'échec car il y a très peu de places et je craignais également que le dossier scolaire "école à la maison" ne soit pas bien vu à l'Inspection Académique...
Notre chance a été la visite sociale IEF. Les deux assistances sociales scolaires qui sont venues nous voir étaient adorables et l'une d'elles connaissait bien le milieu des classes à horaires aménagés en danse. Depuis un moment, je lorgnais sur le cursus proposé par l'académie de danse où allait Clémence. Mais comme le coût était tout de même beaucoup plus élevé qu'au Conservatoire et que je n'avais pas d'écho sur cette formation, j'hésitais. L'une des deux assistantes m'a chaudement recommandé à la fois l'école de danse et le collège privé partenaire de cette filière. Un collège très ouvert et bienveillant avec les enfants.
Et c'est ainsi que Pauline a passé l'examen d'entrée à l'école de danse, a été admise et que le collège l'a acceptée sans autre dossier scolaire que mon propre compte-rendu de ses apprentissages (assorti tout de même du compte-rendu d'inspection de l'an dernier)!

Et pour couronner le tout, comme Pauline était en IEF, l'académie de danse lui a proposé de venir à une partie des cours des collégiens en CHAD dès le printemps. Et c'est ainsi qu'en fin d'année, Pauline s'est retrouvée à suivre 5 cours de danse par semaine. De quoi lui donner un avant goût de son année de 6ème (elle suit maintenant 9 cours par semaine!)

Et la rentrée?

Nous terminons maintenant la 3ème semaine de collège (déjà!) et commençons à avoir un peu de recul. Comme nous nous en doutions, le choix de ce cursus de danse exige d'avoir une vie bien organisée. Pauline a 5 à 6 heures de cours par jour bloqués entre 8h et 14h40 (elle a 55mn pour manger) et reçoit donc l'horaire complet d'une classe de 6ème dans toutes les matières (elle est en plus en classe bilingue).
Ensuite, avec les autres élèves danseurs du collège, elle descend à son école de danse située à une dizaine de minutes en bus. Selon les jours, elle a un peu de temps pour commencer à travailler ou pas. Elle enchaîne ensuite 2 cours de danse avant de rentrer à la maison entre 18h15 et 18h45 selon les jours. A moi d'être prête pour proposer le dîner juste après sa douche et ensuite les devoirs et les leçons avant un peu de détente. Elle file au lit vers 21h.
Heureusement, le collège accueille un tiers d'enfants sportifs de haut niveau. Les enfants ne croulent donc pas sous les devoirs et en s'organisant le mercredi et le week-end, Pauline peut prendre suffisamment d'avance pour avoir peu de choses à faire en semaine.
Les qualités d'organisation que je décelais chez elle ne se démentent pas et Pauline fait preuve d'une très grande autonomie dans la gestion de la préparation de son matériel (classe et danse) comme dans celle de son travail. Elle fait très peu appel à moi.
Je me demandais comment elle allait s'en tirer au niveau de l'écriture, mais cela se passe bien. Elle a a cœur d'avoir de beaux cahiers et soigne son écriture. Visiblement, le rythme de copie n'est pas trop rapide pour elle et elle arrive à suivre en soignant ses lettres. Je pense que tout le travail que nous avons mis en place l'an dernier et les années précédentes avec l'apport de Danièle Dumont porte ses fruits.
Notre travail de parents consiste surtout à modérer son tempérament perfectionniste, notamment pour ne pas sentir "complétement nulle" parce qu'elle n'a eu "que 15/20" en anglais parce qu'elle a commis quelques fautes d'orthographe et mis un "are" à la place d'un "is" dans une phrase!
Heureusement tout le travail mis en place avec elle les années précédentes sur le sujet nous permet lutter plus facilement contre les travers de ce tempérament qui peut rendre un enfant très malheureux.

Et Clémence?

Je profite de ce billet pour vous donner de ses nouvelles aussi. Dans mon billet de février, je vous disais  combien son nouvel établissement manquait de bienveillance. Nous pensions que Clémence pourrait tenir encore une année ou deux, mais pendant les vacances de Pâques, nous nous sommes vite rendu compte qu'il était inutile de vouloir la laisser dans ce milieu délétère.
Clémence était constamment sous stress, écrasée par un grand nombre de devoirs, tous ses mercredis après-midi plombés par la perspective du devoir sur table hebdomadaire. Chaque soir, elle me racontait les diverses injustices dont elle avait été le témoin, le manque de compréhension des adultes, voire le comportement inadmissible de la professeure de latin.
Le professeurs du lycée semblaient être beaucoup plus ouverts et à l'écoute des enfants mais au collège, seule la professeur de français enseignait avec humanité. Quant aux  problèmes de sécurité liés au déménagement de la cour de récréation en terrasse, la direction semblait n'en faire aucun cas. Seule le responsable niveau semblait s'émouvoir des accidents répétés et du fait que l'été venu, les enfants soient obligés de passer le temps des récréations sous 35 à 37° sans ombre...
Clémence qui était curieuse et aimait beaucoup dessiner passait son temps à faire ses devoirs, puis à traîner sur You tube. Nos propositions et sollicitations ne rencontraient aucun écho. Elle n'avait plus envie de sortir avec nous.
Nous avons donc pris la décision de contacter le collège où Pauline était inscrite puisque nous avions de plus en plus d'échos vraiment favorables. Je craignais qu'il n'y ait plus de place, mais Clémence y a été prise.
Vu son parcours, elle a été mise avec des enfants qui font le collège en 3 ans. Les enfants de sa classe de 4ème étaient donc en 6ème l'an dernier et ont fait la moitié du programme de 5ème en plus de celui de 6ème. En ce début d'année, ils bouclent la 5ème avant d'aborder la 4ème. Elle se retrouve donc avec des enfants de son âge (voir un an plus jeune) avec lesquels elle a beaucoup d'affinités.
Comme tous les élèves de ce collège, elle finit tôt (14h40, 15h45 maximum), et elle a beaucoup moins de devoirs.
Nous lui avons conseillé de passer le concours du conservatoire en danse, qu'elle a réussi. Ainsi, elle peut suivre les cours de danse en fin d'après-midi en ayant déjà terminé ses devoirs, chose qui aurait été très difficile si elle était restée dans son établissement de l'an dernier.
Les résultat ne se sont pas fait attendre: Clémence a retrouvé sa joie de vivre. Elle dessine à nouveau à tour de bras et a accepté de suivre un cours de dessin qui l'enchante. Elle retrouve sa curiosité: elle se met à lire les livres qui traînent aux toilettes, elle nous pose à nouveau des tas de questions sur des sujets divers et sa consommation de vidéos Youtube a bien diminué.
De mon côté, l'ambiance des réunions de rentrée était radicalement différente: là où on nous cantonnait, nous parents, au rôle de garde-chiourme chargé de "visser" nos enfants en nous priant de ne pas commenter les méthodes des professeurs, je vois des enseignants ouverts qui mettent la confiance et le dialogue au centre de l'acte éducatif.
Notre fille était totalement éteinte, il a suffit de quelques jours passés dans son nouvel établissement pour voir le changement: elle pétille de nouveau! Et pour moi, le temps de retour du collège devient un moment agréable où je n'ai plus à encaisser la décharge du stress. Alors je croise les doigts pour que l'année scolaire continue longtemps dans cette voie.

Quant à moi, je n'aurais plus de billets IEF à vous donner mais je vais continuer à alimenter ce blog avec notamment toutes les demandes qui m'ont été faites des billets sur tel ou tel sujet. Mes observations en classe seront également l'occasion de faire des points sur l'organisation de la classe en 6-12.

3 commentaires:

  1. Merci beaucoup Marie-Hélène pour ce magnifique témoignage qui me touche d'autant plus que j'ai rencontré tes filles lorsqu'elles étaient petites. <3 Je vais le relayer demain sur le blog Faire l'école à la maison. :)
    Bravo pour ton accompagnement !
    Bonne soirée !
    Bises.

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  2. bonjour
    quelle surprise ce matin de vous lire. nous avons bcp de similitudes dans nos parcours... ma fille est en chad au crr de lyon en 4e, avec son année d'avance scolaire (3e) elle est scolarisée non pas a jean moulin comme les autres mais au cned depuis l'an dernier (car en plus de la danse elle est élève également en violon au crr) . nous avons également connu des années de montessori et l'IEF, moins par choix que par besoin. en tout cas bonne chance à vous...!

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  3. Quels parcours !! C'est tellement motivant de voir qu'il y a des solutions aux difficultés et que la vie nous aide aussi dans nos choix, dans nos intérêts. Merci de partager ces moments, c'est vraiment encourageant, et bonne année à tes filles !!

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